MANUEL A DESTINATION DES PARENTS : Aider mon enfant après son harcèlement scolaire.

Cliquez ci-dessous pour télécharger ce manuel ainsi que les outils pour lutter et se reconstruire après une situation de harcèlement.

LE HARCÈLEMENT

Toute situation de conflit n’est pas une situation de harcèlement.

Néanmoins, aucune situation de conflit ne doit être sous-estimée par le corps pédagogique. Nous considérons une situation de conflit en établissement scolaire comme étant une situation de harcèlement scolaire lorsque les trois critères suivants sont remplis : 1) notion de répétition (les violences physiques et/ou verbales et/ou morales, sont répétées plusieurs fois par jour/semaines/mois au court de l’année/des années) 2) intention volontaire de nuire (ridiculiser, moquer, frapper, etc.). 3) rapport « dominant(s)/dominé ».

On peut également ajouter la notion suivante : présence de témoins actifs (spectateurs et acteurs : rires, vidéos prises avec smartphone, etc.), en ce sens que l’on assiste rarement à une relation dyadique entre un harceleur et un harcelé (une situation de harcèlement n’évolue que si le harceleur est entouré de spectateurs actifs (et non de témoins passifs) sans quoi ses moqueries et marques de soumission n’auraient de sens.

Pour des informations d’ordre juridique et démarches, rendez vous sur https://www.servicepublic.fr/particuliers/vosdroits/F31985.
Il existe un numéro vert « NON AU HARCELEMENT » pour vous aider : 3020.

 

LES CONSÉQUENCES  SCOLAIRES

Nous observons le fait suivant : la victime harcelée exposée de façon régulière à des

comportements violents voit ses fonctions cognitives (comme la mémoire, la

concentration, ou encore les capacités d’abstraction) altérées. Les enfants victimes de rejet de son groupe social ont une opinion plus négative de l’école et mettent en place des stratégies d’évitement (fort absentéisme). Parfois, on observe également une baisse des résultats scolaires. Du côté des agresseurs, les problèmes sont aussi importants : de nombreuses études mettent en avant un pourcentage important d’élèves « harceleurs » en échec scolaire.


LES CONSÉQUENCES D'UN POINT DE VU SANTÉ MENTALE

Le harcèlement affecte le métabolisme (et les défenses immunitaires, selon certains). Ainsi, les victimes mais aussi les témoins peuvent souffrir de divers symptômes tels : stress (la fameuse « boule au ventre »), tristesse, haine et colère (orientée vers l’entourage familial à défaut du groupe harceleur), vomissements, évanouissements, maux de tête, de ventre, problèmes de vue, d’insomnie, réveil en pleine nuit, cauchemars, etc. L’une des difficultés majeures avec le harcèlement, et la maltraitance, est que la victime a du mal à demander de l’aide car bien souvent elle pense qu’elle est responsable du traitement qu’elle subit et a honte. On observe une perte de confiance vis-à-vis d’autrui. Ce type de situation provoque une très forte baisse de l’estime de soi qui amène les victimes à devoir supporter leur détresse seuls et en silence. Elles développent des symptômes d’anxiété, de dépression et parfois des idées suicidaires, ces problèmes pouvant s’inscrire dans le long terme.

Une étude démontre qu’à l’âge de 23 ans, les garçons ayant été victimes de harcèlement

scolaire présentent toujours des problèmes de dépression et de faible estime de soi et le

harcèlement a été identifié comme l’un des stresseurs les plus fortement associés avec les comportements suicidaires chez les adolescents, lorsque ils n’ont pas été accompagnés par un professionnel de santé (psychologique).


LA CONFIANCE EN SOI

Nous faisons face à deux stigmates de la confiance en soi : il y aurait des personnes

confiantes et d’autres qui ne le sont pas.Or, nous ne naissons ni confiant, ni plus réservé.

La confiance et l’estime de soi se cultivent et se développent tout au long de notre vie.

Elle peut aussi être situationnelle (en ce sens que l’on n’est pas toujours confiant quelque

soit la situation) : l’enfant peut se sentir confiant avec ses amis, et plus timide avec sa

famille, ou une autre personne. On peut se demander si tout se joue avant que l’enfant n’atteigne l’âge de 6 ans ? Certes, la confiance se construit jusqu’à cet âge, et elle est une étape importante pour le bon développement de l’enfant, mais rien ne reste figé. En effet, elle se développe et évolue aussi toute notre vie : cela dépend de notre parcours de vie, de nos échecs, de nos réussites, du comportement des autres à notre égard, de nos relations sociales, etc. Autrement dit, même si un enfant manque de confiance en lui avant 6 ans, il a encore toute sa vie pour la développer. Le harcèlement favorise la perte de confiance en soi et d’estime de soi. Il peut développer une phobie scolaire et de la dépression (plus ou moins sévère). Dans ce manuel (destiné aux parents), je vous partage quelques activités pédagogiques à utiliser régulièrement afin de donner ou redonner confiance à votre enfant.

ATTENTION : s’il ne veut pas réaliser ces exercices, il ne faut pas le forcer.


LE JOURNAL DES FIERTÉS

Cet exercice peut être utiliser par des adultes également. Sur un carnet qui lui sera destiné, inscrire le nom et prénom de votre enfant. Tous les jours, au même moment de la journée (avant de se lever, avant de diner, après un bain, avant de se coucher, etc.), vous noterez avec lui/elle, ce dont il est fier d’avoir fait aujourd’hui (vous avoir aider dans un tâche particulière, avoir aider une autre personne, avoir terminer un livre, un devoir, aider sonfrère ou sa soeur, jouer avec un ami, s’être occuper de l’animal de compagnie de la famille, acheter le pain tout seul, avoir eu une bonne note, un compliment de quelqu’un qui comptepour lui, avoir débarrassé la table, fait à manger avec vous, etc.) : votre enfant peut-être fier d’une chose ou de plusieurs choses. Il est important qu’il les note sur son cahier, en votre présence pour le motiver, dans un premier temps, dans cette démarche. Ensuite, demander lui de noter les choses qu’il souhaiterait parvenir à réaliser pour lesjours, voir les semaines à venir (les verbaliser et les écrire provoqueront inconsciemment des comportements orientés vers la quête de ces objectifs) : il ne s’agit là que d’inscrire des objectifs réalistes, proches dans le temps et le concernant. Cette exercice favorise la confiance en soi et permet d’adopter un comportement positif et d’accroître son bien-être.


L'AUTO-SUGGESTION

E. Coué, pharmacien et psychologue, a remarqué que ses patients se rétablissaient plus

vite quand il ajoutait la mention « bon rétablissement », à la fin de ses ordonnances. De cette expérience, il développa une méthode appelée l’auto-suggestion.

Elle part du postula suivant : à force de se répéter les choses régulièrement, et très souvent, nous finissons par l’inclure dans notre vie et y croire réellement. Elle devient vraie, autrement dit. On parle de « variante de l’effet placebo ». Avec votre enfant, tous les matins, demandez à votre enfant de se complimenter (devant sa

glace par exemple) et de répéter une dizaine de fois : « jour après jour, je deviens de plus en plus confiant et heureux. ». Faites le réellement. Vous pouvez être sceptique mais faites le durant 15 jours et vous pourrez juger des résultats.


MÉDITATION ET RELAXATION

La médiation consiste à fermer les yeux, détendre tous ses membres, les relâcher et se

focaliser sur sa respiration. Si vous vous échapper dans des pensées, ce n’est pas grave. Il faut simplement que vous en ayez conscience. Puis, revenir doucement dans le moment

présent. Avec votre enfant, avant de se coucher, par exemple, demandez lui de compter ses respirations en respirant profondément : « inspire lentement, en gonflant ton ventre, puis expire doucement, jusqu’à sentir ton nombril s’enfoncer. Encore une fois » durant 2 bonnes minutes.

IMPORTANT : vous pouvez ajouter une musique pour le calmer. 2 à 5 minutes suffisent

pour voir de réels changements. Il peut se tenir assis, ou allonger. Votre enfant gagnera ainsi en calme et servilité avant de se coucher. Cela favorisera la qualité de son sommeil. Il développe les concentration également.


SPORT ET ACTIVITÉ COLLECTIVE

Faire du sport collectif (notamment le rugby, mais encore le football, la danse, le basket,

etc.), c’est intégrer une équipe, partager des moments forts, être mieux dans son corps et

dépenser son énergie. Demandez à votre enfant ce qu’il souhaiterait expérimenter.

S’il change d’activité à la fin de cette année, ne soyez pas deçu(e). Votre enfant expérimente et fait ses propres expériences.